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Bulletin

Bulletin de paie au Maroc :
les 17 mentions obligatoires en 2026.

Un bulletin non conforme expose l'employeur à des sanctions. Voici la check-list complète des mentions imposées par l'article 370 du Code du travail marocain, avec un modèle commenté section par section.

SG
Par l'équipe Sagatec · 12 min de lecture · Mis à jour le 15 mai 2026
Sommaire
  1. Le cadre légal : article 370
  2. Mentions d'identité (1 à 6)
  3. Mentions liées au temps de travail (7 à 10)
  4. Rémunération brute (11 à 14)
  5. Cotisations & net (15 à 17)
  6. Format papier ou électronique ?
  7. Sanctions en cas de non-conformité
  8. Modèle commenté restauration

1. Que dit la loi ?

Au Maroc, le bulletin de paie n'est pas un document optionnel ni un simple reçu. C'est un acte juridique encadré par l'article 370 du Code du travail (loi n° 65-99), qui impose à l'employeur de remettre à chaque salarié, à chaque versement de salaire, un document détaillant les éléments de sa rémunération.

Le bulletin a une double fonction : il prouve le versement du salaire et permet au salarié de vérifier que les cotisations sociales et l'impôt sur le revenu ont bien été prélevés. C'est aussi la pièce centrale en cas de contrôle CNSS ou de litige prud'homal.

Bon à savoir Le bulletin doit être conservé par l'employeur pendant au moins 5 ans. Côté salarié, il est conseillé de le garder à vie : il sert au calcul des droits à la retraite CNSS.

2. Mentions d'identité (1 à 6)

La première moitié du bulletin sert à identifier les deux parties et la période concernée. Six mentions obligatoires :

MentionDétail
1Identité employeurRaison sociale, adresse, RC, ICE
2Numéro d'affiliation CNSSL'identifiant employeur, obligatoire
3Convention collective applicableSi vous y êtes assujetti (hôtellerie, BTP, etc.)
4Identité salariéNom, prénom, CIN, n° CNSS personnel
5Emploi occupé & coefficientPoste exact, classification, échelon
6Période de paieMois et année, dates de début/fin

3. Mentions liées au temps de travail (7 à 10)

Cette section détaille le travail effectivement réalisé pendant la période. C'est ici que le pointage prend toute son importance : sans données précises, impossible de remplir correctement ces lignes.

MentionDétail
7Nombre d'heures normalesSur la base de 44 h hebdomadaires au Maroc
8Heures supplémentairesDécomposées par taux de majoration (25 %, 50 %, 100 %)
9Date des congés payés prisEt nombre de jours décomptés
10Indemnité de congéSi l'employé prend ses congés pendant la période

4. Rémunération brute (11 à 14)

On entre dans la mécanique du salaire. Les quatre lignes suivantes doivent apparaître séparément — pas question de regrouper tout sous un « salaire brut » global.

Cas pratique : un commis de cuisine, mai 2026

Prenons un commis dans un restaurant à Casablanca, 192 heures normales et 12 heures supplémentaires de jour :

Salaire de base (192 h × 17,55 DH)3 369,60 DH
Heures supp. 25 % (12 h × 21,94 DH)263,28 DH
Prime de panier (22 j × 15 DH)330,00 DH
Indemnité de transport200,00 DH
Salaire brut4 162,88 DH

5. Cotisations & net à payer (15 à 17)

Les trois dernières mentions ferment le bulletin : ce que l'employé paie en cotisations, ce qu'il reçoit réellement, et le total des charges patronales.

MentionPourquoi
15Cotisations salariales détailléesCNSS, AMO, IR — chacune sur une ligne distincte
16Net à payerEn toutes lettres ET en chiffres, mode de paiement
17Charges patronalesMention informative côté employeur
Erreur fréquente à éviter Beaucoup de bulletins manuels indiquent uniquement « cotisations sociales : 350 DH ». C'est insuffisant : le détail CNSS/AMO/IR doit apparaître séparément. Un contrôleur CNSS sanctionnera cette omission.

6. Papier ou électronique ?

Depuis 2015, la loi marocaine autorise le bulletin sous forme électronique à condition que le salarié donne son accord et puisse y accéder de façon permanente (espace personnel sécurisé). C'est l'option la plus utilisée par les entreprises modernes — moins de papier, archivage automatique, accès depuis le smartphone.

En revanche, en cas de litige, c'est à l'employeur de prouver que le bulletin a bien été mis à disposition. Un envoi par WhatsApp ou par e-mail simple n'est pas suffisant : il faut un dépôt traçable dans un coffre-fort numérique.

7. Que risque-t-on en cas d'oubli ?

L'article 78 du Code du travail prévoit des amendes en cas de défaut de remise du bulletin ou d'omission d'une mention obligatoire. Les montants vont de 300 à 500 DH par salarié concerné, multipliables par le nombre de mois en infraction. Pour un restaurant de 15 personnes pris en défaut sur 12 bulletins, on parle vite de plus de 50 000 DH.

Au-delà de l'amende, un bulletin incomplet fragilise l'employeur en cas de litige aux prud'hommes : la jurisprudence marocaine est constante — la charge de la preuve repose sur lui.

8. Modèle commenté

Le bulletin idéal est sobre, lisible et structuré en 4 blocs verticaux : en-tête (employeur + salarié), temps de travail, rémunération brute, retenues & net. La règle d'or : qu'un salarié puisse comprendre, en moins de 30 secondes, comment on est passé de son brut à son net.

Le meilleur bulletin n'est pas le plus joli. C'est celui qu'un contrôleur CNSS valide d'un seul coup d'œil — parce que tout est à sa place, dans le bon ordre, et avec les bons libellés.
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Source : article 370 du Code du travail marocain (loi n° 65-99), barèmes 2026 CNSS & IR. Cet article est fourni à titre informatif et ne se substitue pas à l'avis d'un conseiller juridique.

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